Transformation digitale : un enjeu culturel et 5 directions

 

Nombre d’études montrent que la transformation digitale devient un axe stratégique pour une majorité des entreprises. Comment aborder cette transformation ?

Dans transformation digitale, il y a deux termes : transformation et digitale. Le maître-mot est transformation, en effet, c’est bien une démarche avec une forte composante humaine et culturelle que les entreprises ont à mener. Le digital est omniprésent mais n’est que la cause ou l’élément facilitant de ces transformations.

Mener une transformation de cette ampleur, c’est développer au plus haut niveau de l’entreprise une vision, élément indispensable pour ne pas se perdre en chemin et partager cette vision. Le rôle du DG est donc primordial, c’est lui qui est la clé dans cette démarche, il porte la vision et il est moteur, avec le comité de direction, dans sa diffusion. C’est donc bien avant tout, une culture digitale qui doit être partagée. Les leviers sont l’agilité, un management qui favorise les initiatives, reconnaît les réussites, sait favoriser les apprentissages liés aux échecs et enfin sait répondre aux envies des salariés. Cette culture digitale ne pourra se déployer qu’avec une très forte confiance dans les deux sens entre management et collaborateurs. Il faudra probablement également mettre en place des démarches de formation, d’accompagnement mais ce ne sont là que des « outils » au service de cette transformation.

Le business model directement impacté par la transformation digitale

C’est très souvent au cœur même de l’activité de l’entreprise : son business model que le digital impacte l’entreprise. Si le monde de la musique a été l’un des premiers impacté, très peu de secteurs sont à l’abri : que deviendra un fabricant de verres de lunettes quand l’imprimante 3D permettra de fabriquer ses propres verres ? Comment doit évoluer le monde de l’enseignement dans un monde où les savoirs deviennent accessibles en ligne ? Qu’est ce qui fera qu’une entreprise de transport sera encore performante dans un monde où les individus se regroupent pour se déplacer ? Quelle valeur apporte une chaîne de distribution quand des circuits courts se mettent en place ?

Aucun secteur n’est à l’abri, chaque entité doit trouver sa propre réponse de façon à avoir un avantage concurrentiel, l’exploitation des données et le service sont probablement des éléments clés dans la construction de cette réponse. Par là de réelles stratégies gagnantes sont possibles.

De nouveaux entrants qui bousculent les lignes

Quoi qu’on en pense et gardant la nécessité d’avoir une concurrence régulée seule garantie d’une réelle création de valeur, de nouveaux entrants apparaissent et bousculent les lignes. Ces nouveaux barbares (au sens originel du terme : « ceux dont on ne comprend pas le langage ») révolutionnent des secteurs entiers d’activité. Dans le monde du tourisme, des plateformes comme Booking.com peuvent transformer des hôteliers classiques en sous-traitant si ces derniers ne s’organisent pas pour à leur tour mettre en œuvre des démarches de transformation numérique. Que dire d’Uber qui pousse très loin l’interprétation de ce que la loi permet, les secteurs classiques doivent là, mener également leur transformation numérique avec l’appui des pouvoirs publics qui eux ont, d’une part, à comprendre ce qui est en jeu pour garantir à un niveau international la nécessaire régulation du marché et, d’autre part, à mener également cette transformation dans leurs modes de fonctionnements.

Les positions ne sont plus figées, toutes les entreprises peuvent gagner, des entreprises grandes, moyennes et petites font des choix gagnants permettant d’évoluer très vite et personne n’est à l’abri, de très gros acteurs disparaissent faute d’avoir mis en place les bonnes stratégies.

De nouvelles façons de faire

Pouvoir s’appuyer sur la multitude est maintenant à la portée de tous. La manière de faire de l’innovation change donc. L’innovation d’usage est possible, le client peut être placé au cœur de l’évolution des produits et services par exemple, par la création et/ou l’utilisation de communautés. Le Gartner, prévoit que d’ici deux ans 75% de l’innovation en BtoC se fera avec le client au centre. Ceci transforme également la manière de faire de l’innovation !

De la même manière, la quasi totalité des fonctions de l’entreprise est impactée, le marketing, les RH, la production, la relation clients entre autres, changent. Les hommes et les femmes qui assurent ces fonctions, voient leur métier changer. Ils sont au cœur de cette transformation et à ce titre, ils doivent être complètement impliqués.

De nouveaux écosystèmes

Le cabinet de conseil n’est plus seul dans l’offre qu’une entreprise peut avoir pour l’accompagner dans des démarches liées à son évolution. De plus en plus d’entreprises essayent d’interagir avec les acteurs ayant une grande vélocité et capables d’interagir avec la multitude que sont les startups. Ces démarches ne sont pas encore bien formalisées (mais ont elles à l’être ?) mais elles permettent à des acteurs ayant une inertie plus grande de mettre en place des démarches agiles pour mener des avancées significatives dans leur transformation.

De nouvelles façons de manager

L’organisation taylorienne avec un chef, des sous-chefs et des sous-sous chefs a forcément vécu pour faire face à ces enjeux ! Les mots clés sont : agilité, confiance, envie, initiative

 

Au plaisir d’échanger avec vous, bonne navigation dans ce site.

CORNU-EMIEUX-Renaud

 

 

Renaud Cornu-Emieux
Titulaire de la Chaire GEM-Orange « Digital Natives »