Entreprises

Réseau social d’entreprise (RSE) : 7 conseils pour réussir son déploiement

Dans un monde de plus en plus connecté, où les modes de management sont bouleversés, l’intelligence collective favorisée, et où les nouvelles générations attendent de l’entreprise une meilleure considération, le Réseau Social d’entreprise (RSE) peut être considéré comme un outil pouvant répondre à ses enjeux.

Voici 7 conseils à connaître avant de se lancer.

« Le Réseau social d’entreprise comprends une forte dimension sociale et replace les collaborateurs au cœur du processus. Il leur permet en effet de collaborer, favoriser les échanges, d’améliorer la circulation des informations, de partager des connaissances et savoirs, voire d’innover par la création de réseaux d’experts… » explique Renaud Cornu-Emieux. titulaire de la Chaire GEM-Orange « Digitale Natives » et fondateur de l’EMSI Grenoble.

1. Identifier sa cible

C’est une des premières questions que doit se poser l’entreprise engagée dans la démarche de création d’un Réseau social d’entreprise. « Cette phase est particulièrement essentielle pour les groupes multinationaux puisqu’elle induit les différentes problématiques et solutions techniques à envisager pour garantir sa réussite» précise Renaud Cornu-Emieux.
Les populations : A qui s’adresse le RSE ? Concerne-t-il l’ensemble des collaborateurs ? Managers, opérateurs… Ces populations sont-elles fixes ? Nomades ? Ont-elles accès à un ordinateur ? Autant d’interrogations qui permettent de définir si l’entreprise doit mettre à disposition des équipements informatiques pour accéder au RSE mais aussi de savoir si les moyens de connexion à Internet sont les mêmes d’un site à l’autre, ce qui n’est pas toujours le cas selon les pays et leurs régions.
La langue : l’anglais sera-t-elle l’unique langue de partage ou la plateforme sera-t-elle multilingue ? L’entreprise doit tenir compte du fait que selon les populations, le niveau de maîtrise de langue est totalement disparate. Dans ce cas, d’autres méthodes de partage comme la vidéo seront à envisager pour répondre à la philosophie du RSE.
La dimension culturelle : différence hommes femmes selon les pays, âge des salariés, rapport à la hiérarchie, confiance portée à Internet, sentiment d’appartenance à l’entreprise, Turn over, … sont autant d’éléments à mesurer avant le déploiement.

2. Adapter les solutions techniques

En fonction des résultats obtenus dans la première phase, l’entreprise doit adapter les solutions techniques pour répondre au plus près des besoins des utilisateurs. Pour assurer la diffusion au plus grand nombre et permettre une interaction optimale entre l’utilisateur et le RSE, l’outil doit contenir les éléments suivants : des écrans dynamiques (PLV), un service de gestion des supports d’information (Digital Asset Management), un service de gestion des données (Post production), un moteur de recherche avancée, une plate–forme de textes parlés et diffusés sous forme de vidéo et un terminal ou poste informatique simple pour assurer la diffusion et le partage des informations.

3. Tester avant de déployer

Dans le cadre d’un déploiement « descendant », l’entreprise doit au préalable mettre en place un POC (Proof of concept ou démonstration de faisabilité) qui consiste à définir les principes de réalisation et vérifier que les solutions envisagées sont les bonnes. Pour cela un site pilote et une phase de tests avec des coordinateurs locaux est nécessaire. Elle permettra de valider l’alignement stratégique de l’outil mais aussi de partager les bonnes pratiques à l’ensemble de l’entreprise. « Ces testeurs doivent participer à la définition de la politique de changement car ils seront de bons ambassadeurs du réseau social d’entreprise dans la phase de déploiement » explique Renaud Cornu-Emieux.

4. S’appuyer sur des relais

Le déploiement à proprement dit peut s’effectuer en plusieurs vagues, soit par unités, soit par regroupement d’entités. Lors de ce déploiement, il est recommandé aux entreprises de s’appuyer sur des relais, soit des salariés déjà connectés au réseau ou ceux ayant participé à la phase de tests (ambassadeurs ou sponsors). Les nouvelles générations sont également de bons atouts pour l’appropriation du RSE.

5. Rendre l’outil attractif

Au moment du lancement du RSE, plusieurs moyens, allant du jeux concours au voyage à gagner en passant par des distributions de goodies ou de places pour des manifestations sportives ou culturelles, sont à utiliser.
Pour développer son usage, d’autres leviers peuvent être activés comme une application RH de suivi de congés, un planning de travail hebdomadaire, des consultations d’informations de l’entreprise… « Il est indispensable d’associer les services clés qui gèrent l’humain dans l’entreprise comme les RH, la communication, la DSI… Ceux-ci doivent être actifs voire même initiateurs » précise Renaud Cornu-Emieux.
Enfin, rendre attractif le RSE, peut passer par l’intégration d’applications extérieures telles La Météo, le trafic, la bourse, ou le partage de bons plans…

6. Accompagner le changement

Accompagnement, formations des cibles, documentation et communication autour de ce RSE font parties des actions qui devront être engagées. Les intégrer dans un plan global en lien avec les services concernés est primordial. Particulièrement dans le cadre d’une entreprise multinationale où les différences culturelles et écosystèmes locaux sont à prendre à compte. Ce plan de conduite du changement ne pourra pas être uniforme.

7. Anticiper l’extension du réseau

Nouvelle usine et ou nouveaux collaborateurs, connexions Internet ou outils informatiques supplémentaires sont aussi des éléments à ne pas oublier dans la stratégie de déploiement du RSE. « La mise en place d’un Réseau Social d’Entreprise, implique d’avoir une vision sur le long terme pour garantir sa réussite » conclut Renaud Cornu-Emieux.

 

Ces conseils sont issus d’une étude de cas menée dans le cadre de l’EMSI de Grenoble pour le compte d’un groupe industriel multinational souhaitant connecter l’ensemble de ses employés dans le monde grâce à un RSE. Cette étude a été réalisée par Catherine Laurent, Cécile Thivolet, Laurent Biéber, Cédric Le Gallou, Stéphane Routier et Eric Vernay sous la direction de Renaud Cornu-Emieux, titulaire de la Chaire Digital Natives et fondateur de l’EMSI.

About the author

Renaud CORNU-EMIEUX

1 Comment

Leave a Comment