Neurosciences - Des compétences à développer au travail

Les neurosciences au service de l’efficacité individuelle et collective

Il est aujourd’hui reconnu que certains modes de fonctionnement des organisations – comme le fonctionnement par projet – et les environnements de travail tels que l’open space produisent des risques pervers: déconcentration, irritabilité, perte de créativité… Pour contourner ces effets négatifs qui impactent l’efficacité des collaborateurs, le domaine des neurosciences peut apporter certains éléments de réponse en termes de compétences ou encore de ressources mentales.

La question du leadership : comment orchestrer l’efficacité d’un groupe ?

La gestion de projet a jusqu’à présent généré de nombreuses études focalisées sur ses aspects techniques. Aujourd’hui, un chef de projet peut mobiliser une multitude d’outils et de techniques pour optimiser la qualité, le coût et les délais des objectifs à atteindre. Pourtant, la conception et la réalisation d’un projet impliquent de nombreux acteurs humains (spécialistes, clients, mandant, etc.), mais cet axe de la gestion de projet a été peu investi.

Ce sont également les facteurs humains qui se trouvent souvent à l’origine des situations d’échec dans l’aboutissement d’un projet, avec pour causes la résistance au changement, une faiblesse dans la conduite de projet, etc. Toutefois, le rôle de chef de projet se transforme peu à peu et prend cette nouvelle dimension humaine dans la gestion de l’équipe-projet.

Les neurosciences se sont intéressées au phénomène du leadership. Les résultats certains travaux montrent qu’en co-présence d’une personne perçue comme leader, on active une augmentation de notre niveau de vigilance et de notre disposition à avancer.

D’autre part, face aux intelligences artificielles qui annoncent de nouvelles méthodologies de travail en perspective, il devient nécessaire d’identifier les compétences d’avenir pour tous les profils en milieu professionnel. L’enjeu sera alors de pouvoir les repérer, de les évaluer et de savoir comment les développer.

Comprendre le fonctionnement du cerveau pour développer les compétences de demain

Dans le domaine du management, les neurosciences nous montrent que certains leviers cognitifs peuvent être utilisés pour augmenter la performance au travail. Des compétences nécessaires à la gestion de projet comme la capacité d’apprendre, de prendre du recul et de prendre des décisions sont étroitement liées à notre intelligence émotionnelle.

Selon des travaux, « 90% des personnes les plus performantes ont des scores importants en intelligence émotionnelle ». Ainsi, une meilleure gestion de ses émotions permettrait une meilleure cognition froide. Il est difficile d’évaluer les compétences émotionnelles, mais des études récentes proposent de modéliser l’intelligence émotionnelle selon quatre dimensions (la conscience de soi, la maîtrise de soi, la conscience sociale et la gestion des relations) et des outils pour la mesurer.

Régénérer ses ressources mentales au travail

Les capacités à se concentrer, prendre du recul, ou encore à embrasser un environnement complexe font appel à notre cognition froide qui mobilise le cortex préfrontal du cerveau. Ces compétences ne pourront vraisemblablement pas être intégrées aux outils techniques amenés à gérer les tâches automatisables et deviendront alors essentielles pour les membres d’une équipe.

Or, le cerveau fonctionne de façon mono tâche et « il existe une fatigabilité cognitive qui est présente chez tout le monde. Au bout d’un certain temps, il devient très difficile de demander aux gens de se concentrer, d’être productif et d’être en plus créatif et en pleine possession de leurs moyens. ». Pour dépasser les blocages, des études démontrent que certaines pauses au travail permettent de les surpasser.

En effet, il suffirait de mettre en pratique un fonctionnement cérébral par défaut. Une récente découverte en neurosciences a mis en évidence le fait que le cerveau demeure actif alors même que l’on ne fait absolument rien. Au repos, ou autrement dit « en divagation mentale », le cerveau active un réseau qui continue de travailler sur des informations hors du champ de notre conscience. Cet état permet à un moment donné de faire émerger des solutions aux problèmes auxquels nous avons pu être confrontés dans une situation antérieure.

Ainsi, de courtes pauses qui autorisent le fonctionnement cérébral par défaut permettent de régénérer les ressources attentionnelles et d’augmenter la performance des individus en contexte professionnel.

Une conférence du Forum des régions du Project Management Institute enregistrée le 21 mars 2018 à Grenoble École de Managament

 Intervenant : Cyril Couffe, Docteur en psychologie cognitive appliquée et Directeur de la Chaire « Talents de la Transformation Digitale »

 

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