Face aux bouleversements numériques, à quand une évaluation systématisée de l’intelligence émotionnelle ?

Face à l’IA, l’intelligence émotionnelle

Photo de Cyril Couffe

Cyril Couffe, Chercheur en Psychologie cognitive appliquée, Directeur de la Chaire « Talents de la Transformation Digitale »

Si aujourd’hui l’Intelligence Artificielle peut être perçue comme une menace de « colonisation des tâches voire des emplois au travail », certaines capacités humaines dont l’intelligence émotionnelle pourraient faire la différence en matière d’employabilité, rapporte Cyril Couffe dans un article publié le 7 mai 2018 dans The Conversation.

Au-delà de la raison… l’émotion

Selon divers travaux en neurologie, la réalisation d’actions logiques nécessite la mobilisation de certaines zones affectives de notre cerveau. Ainsi, il semblerait que toute action humaine prise au sein d’une organisation, telles que la sélection et l’utilisation de l’information, ou encore la définition d’objectifs à atteindre, soit étroitement liée à nos émotions.

Dans les processus décisionnels, « la colère, la joie, la peur, ou bien encore la honte tiennent souvent un rôle prépondérant ! »

Les employeurs appréhendent de plus en plus ces composantes émotionnelles comme de véritables compétences transversales et les intègrent aux outils de recrutement. Il deviendra nécessaire aux collaborateurs de pouvoir mesurer et maîtriser ces « savoirs-être », réelles plus-values face aux machines amenées à effectuer les tâches les plus sophistiquées.

Comment définir l’intelligence émotionnelle ?

Ce concept regroupe plusieurs habilités : percevoir, évaluer, exprimer et réguler les émotions. Ces aptitudes relèvent de deux catégories différentes, selon s’il s’agit de vos propres émotions ou celles des autres. « En effet, certaines personnes semblent être très habiles pour comprendre et gérer leurs propres émotions mais assez perplexes devant les réactions des autres… »

La prise en compte de ces compétences émotionnelles incite ainsi à redéfinir « la carte des compétences » des métiers qui impliquent de fortes relations à autrui (les métiers du management, de la gestion, de la négociation, etc.)

« Investir sur l’IE pour une entreprise a des effets très positifs selon plusieurs études, notamment sur la fidélité du personnel, le développement des talents, le travail d’équipe, l’implication, le moral et la santé du personnel, l’innovation, la productivité, l’efficacité, les ventes, les résultats financiers, la qualité du service, la fidélité des clients, etc. »

Un outil pour mesurer les diverses facettes de l’IE

Actuellement, peu de moyens existent pour mesurer l’IE en situation de recrutement. Pour pallier à ce manque d’investissement, la Chaire « Talents de la Transformation Digitale » et l’entreprise MeetnMake se sont données pour objectif de créer un outil qui permettra de mesurer différentes compétences émotionnelles.

Une étude menée auprès de 140 participants a permis d’affiner les mesures de 14 compétences émotionnelles à cultiver au travail, comme la résilience, l’empathie, le contrôle émotionnel, la gestion de conflit, l’écoute, etc.

L’IE, un facteur de réussite au travail

Il devient nécessaire de réinventer les processus de recrutement en y incluant l’évaluation des habilités émotionnelles, compétences complémentaires aux « savoirs-faire ».

Ces compétences sont en effet un facteur important de réussite au travail, allant jusqu’à dépasser d’autres indicateurs comme le quotient intellectuel.


Retrouvez l’article « Face aux bouleversements numériques, à quand une évaluation systématisée de l’intelligence émotionnelle ? » de Cyril Couffe sur The Conversation.

 

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