Stratégie coopérative : qui des hommes ou des machines l’emportent ?

Le 22 et 23 août derniers, une équipe de cinq intelligence artificielle a affronté deux équipes de joueurs professionnels au jeu vidéo Dota2. Ce jeu de combat multi-joueurs requiert une forte coordination sur la stratégie à adopter entre la défense de son territoire et l’offensive du camp adverse.

Après des matchs préparatifs remportés par les machines – et bien que celles-ci avaient l’avantage d’assimiler et traiter les données sur l’évolution du jeu de façon instantanée -, ce sont les humains, meilleurs joueurs mondiaux, qui ont finalement eu le dernier mot.

« Les excellentes performances observées lors de ce tournoi marquent tout de même un pas significatif dans la recherche en intelligence artificielle, tout particulièrement dans la coopération entre plusieurs IA. Ces avancées, développées dans le contexte du jeu vidéo, pourraient bientôt s’appliquer à d’autres domaines et concerner d’autres pans de la société, notamment socio-économiques. »

Les nouvelles performances à relever en matière d’IA

Cette expérience, portée par l’organisation privée de recherche OpenAI, a permis de faire un pas de plus dans l’apprentissage des IA à développer des capacités à partir des seules interactions entre elles. En effet, les robots développés par OpenAI ont d’abord appris à jouer à Dota2 en jouant entre eux, sans aucune information sur les façons de jouer des hommes, avant d’affronter des équipes humaines.

Cette avancée n’est pas nouvelle, mais cette fois, elle a été réalisée dans un environnement beaucoup plus complexe que précédemment. Les machines ont ici appris à jouer à un jeu qui implique environ 20 000 décisions et l’analyse de 1000 coups théoriques au cours d’une partie.

Cette coopération entre cinq IA sur un jeu de stratégie en temps réel est également remarquable. Personne n’était parvenu à réaliser une telle prouesse depuis le début des recherches scientifiques dans ce domaine.

Quelles applications possibles dans les autres domaines de la société ?

Si, dans les différents secteurs professionnels, on s’attend à forte automatisation des tâches par les robots et les algorithmes, les performances des IA resteraient toutefois limitées sans coordination entre leurs actions. Leur apprentissage demeurerait isolé, alors qu’« il y aurait bien plus de valeur à ce que ces unités puissent agir en équipe, favorisant ou taisant certaines actions individuelles pour atteindre des objectifs supérieurs. »

« Par exemple, un robot en charge de nos e-mails pourrait collecter des informations de celui en charge des absences du personnel et ainsi décider de signaler à vos interlocuteurs votre absence et proposer des dates de réunions appropriées. »

Retrouvez toute l’analyse de cet événement par Cyril Couffe, Directeur de la Chaire Talents de la Transformation Digitale, et  Florian Richoux, Enseignant-chercheur en intelligence artificielle, sur The Conversation.

 

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